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LU POUR VOUS

 

    Raissa Gbaguidi
Raissa Gbaguidi

PANORAMA DE LA LITTERATURE AU BENIN

Février-Mars 2004

 



Après une interruption de quelques mois, notre collaboratrice est de retour et vous invite à découvrir les oeuvres de trois écrivains béninois.



LECTURES DU MOIS

En ce moment, où reprend le dialogue qui s'est instauré entre nous il y a deux ans, je m'en voudrais profondément, de ne pas faire appel à votre indulgence, pour excuser mon silence depuis plusieurs mois. Un silence qui a duré toute l'année 2003. Heureusement je reviens en forme et plus décidée à vous servir de guide, dans le monde de la littérature béninoise de langue française.


L'année 2003 a été relativement féconde de point de vue de la production d'œuvres de l'esprit. Comme toujours la première place revient aux roman et nouvelles.


L'année 2003 a été marquée aussi par un regain d'attention pour le vodoun, une réalité béninoise, présente de plus en plus ouvertement dans des essais, (c'est le cas de EDAH P qui consacre une étude en quatre tomes au vodoun, à la sorcellerie et à la géomancie négro africaine : le Fa), et dans des romans de jeunes auteurs béninois. On peut citer BINANZON R. dans ''la ligne du destin'', NOUWLIGBETO F. dans ''la foudre sous scellé'', et TITUS D. plus très jeune, avec son roman policier ''la fille vierge''.


Est- ce le signe d'un retour aux sources, ou celui d'une panne d'inspiration et de créativité pour la formulation de nouveaux thèmes ? Trop tôt de répondre à ces interrogations !


 

Adélaïde B. Fassinou. Enfant d'autrui : Fille de personne. Cotonou : Edition du Flamboyant 2003, 167p


Après ''Toute une vie ne suffirait pas'' …. c'est avec ''Enfant d'autrui : Fille de personne'' que Adélaïde Bignon Edith Fassinou épouse Allagbada nous revient. Plus engagée et déterminée dans la peinture de nos sociétés dans leurs réalités quotidiennes, faites de maltraitance d'enfants, d'indifférence et de misère spirituelle.


Ce roman placé sous le signe de la défense du droit de l'enfant, révèle la face cachée de la vie quotidienne dans la ville de Cotonou, notamment la vie au marché Dantokpa…


La société que Adélaïde Fassinou dépeint est caractérisée par les clivages entre la ville et le village, entre la tradition et la modernité, entre l'école lieu de culture et facteur de transformations sociales et l'école source de dépravation…


D'un côté, la ville avec Paula fille de l'héroïne, Koko époux de Paula et de l'autre côté Ananou et Kemi enfant en garde désigné sous le terme de " vidomègon "au Bénin.
" (…) Aujourd'hui les femmes utilisent des ménagères qui s'occupent de leur maison, à charge à elle d'être élégantes et de pouvoir participer à des débats publics…p.37 Est- ce une critique ou une approbation ? L'auteur ne répond pas à la question ! Plus loin on peut lire : ( …)Un homme c'est le ventre et le bas ventre…quelque soient tes diplômes ton mari t'échappera si tu ne lui prépares pas des mets appétissants pour lui donner des forces … " p.38, une leçon qui entre encore de nos jours dans nos villages, dans la formation de toute femme africaine …
Je vous invite à le lire.


 

DOMINIQUE TITUS. LA FILLE VIERGE . COTONOU ; LA Nôtre 2003, 260P

" … Dans cette ville de Porto-Novo qu'il connaissait comme sa poche quand découvrit- il que son épouse était tombée amoureuse d'un européen ? ( …) C'était un blanc, un blanc authentique, un européen probablement. " p.12


Ainsi s'ouvre ce roman qui expose des réalités de l'Afrique contemporaine. Un mélange de tout : actualité mondiale, tradition africaine, modernité tout ceci mélangé à une enquête policière de Bruno Dupont, un jeune européen qui a quitté son Paris natal pour aller se ''réfugier'' en Afrique au pays du vodoun, afin de se débarrasser d'une malédiction qui le traque partout : '' il allume toutes les femmes qui le rencontrent sur leur chemin, inconsciemment bien sûr''. Bruno attirait toutes les femmes comme l'aimant, une aiguille La chose contrariait ses études. Il faisait des victimes partout où, il passait, toutes les femmes étaient sous son charme et finissait même par de venir folle à cause de cet amour qui n'est pas partagé.


Au Bénin au lieu de se soigner de ce mal de l'amour, il enflamme des cœurs et de cœurs , et même celui d'une femme prêtresse de vodoun qui officiait dans un couvent où, kidnappé par des malfrats, Bruno a été transporté. Celle qu'il n'aurait dû jamais rencontrer. Et la suite semble nous confirmer la leçon du sage : ''on n'échappe pas à son destin'' .


C'est le début d'une aventure à vous couper le souffle. Un véritable roman policier, à la béninoise, qui n'offre aucune place, ni à Malko, ni à l'agent 007 ou autre, puisqu'au pays du vodoun, il y a bien plus qu'une astuce, pour entretenir le suspens et surtout pour dénouer les coups et les intrigues.

 



BARBARA A. Les mots d'amour. Cotonou : Editions du Flamboyant, 2003, 50p.


. Le 8 mars, c'est pour bientôt. Alors je voudrais en profiter pour vous faire découvrir une jeune poétesse béninoise qui nous a été révélée par l'émission CULTUREME, de la chaîne nationale. J'ai eu du plaisir à l'écouter et c'est ce plaisir que je voudrais partager avec toutes les femmes du monde en ce jour de 8 Mars, la journée de la Femme. A vous Bonne Fête !!!


REVES
Que le bonheur vienne effacer mon malheur
Que la joie vienne effacer mes peines
Que la sagesse vienne remplacer mes bêtises
Que l'amour vienne frapper à la porte de ma vie
Que mes nuits soient aussi belles que les étoiles
Que mes jours soient aussi lumineux que le ciel éclairé
Que le tout-puissant,
Accepte mes rêves
Et les transforme en réalité
.
Barbara Akplogan est une jeune collégienne, qui vient de rejoindre la liste de ces audacieux et audacieuses qui croient encore à la poésie. Cette jeune auteur dit, écrire pour se relaxer après les leçons, les travaux et les devoirs de classe. Elle écrit à minuit, souvent au coucher et en cachette, et ce jusqu'au jour où, sa maman entra dans ses ''secrets'' et devint sa conseillère, mais surtout sa principale critique.
Publier son premier recueil de poèmes en classe de première, ça doit donner la grosse tête ? Peut-être, mais pas à Barbara. Elle reste humble, voire timide ;; Alors encouragez-la. Une poétesse est en train de naître.

© RAISSA DAFIA GB.



 

*RaissaGBAGUIDI, est étudiante en communication à l'Université Nationale du Bénin. Elle collabore au site www.gnammankou.com.


 

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