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LU POUR VOUS

 

    Raissa Gbaguidi
Raissa Daffia Gb.

 

 

 


" Lu pour vous " vous amène
ce mois-ci une fois encore à la rencontre d' un auteur que vous avez déjà eu le plaisir à découvrir en notre compagnie. Il s'agit de Flore HAZOUME.

L'écrivain, le poète, dit -on est " la lumière de son peuple, son guide " c'est sûrement à cette mission que FLORE H.. s'adonne. Au lieu de continuer à être le médium, la voyante qu'elle incarnait dans " Et si nous écoutions nos enfants ?", elle se met dans le rôle, combien difficile d'éveilleur de conscience, elle nous met en garde contre de nombreux faits et comportements qui pourraient perturber la paix qui règne autour de nous.


La religion, l'ethnie ou les clans, le parti politique, peuvent constituer selon Flore H. des sources de conflits; Ainsi alors qu'elle faisait cas d'un conflit religieux, idéologique dans " Et si nous écoutions nos enfants ? ", elle nous montre dans un style alerte et transparent dans " Le Crépuscule de l'homme " les ravages d'un conflit ethnique, qui n'est pas rappelé le drame du Rwanda.


La seule chose qu'il faudrait faire pour éviter ces situations selon l'auteur, c'est d'être tolérant, accepter véritablement l'autre avec ses différences, accepter sa religion, son ethnie, son idéologie et le respecter au maximum.
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FLORE HAZOUME,
Le Crépuscule de l'homme
CEDA, 2002,199 P


Flore HAZOUME fait partie du paysage littéraire ivoirien, de nationalité béninoise, elle récidive pour notre plaisir avec " le Crépuscule de l'homme. "
Le décor planté par l'auteur au début de son roman, est on ne peut plus poétique. Et justement ne pouvait laisser présager les lignes plus dramatiques, qui allaient suivrent.

" Allongée sur une natte de fortune, Edith surplombait la vallée. Le soleil se couchait derrière les collines et les reflets orangés de ces derniers rayons habillaient les plantations de thé, les monts, et les collines d'une obscure clarté. " p 5

Ainsi commence ce roman au titre assez évocateur " le crépuscule de l'homme " la triste histoire d' Edith, Pascal, Bernard Gassana, et d'Emilienne.

Edith est une fille d'une riche famille, étudiante, futur médecin légiste elle menait une vie paisible au milieu des siens jusqu'au jour ou elle fit la connaissance de Pascal. Pascal, un garçon bizarre et mystérieux qui entre dans sa vie alors que la paix des Bunjalabais est terriblement menacée. Des grèves se succèdent les unes aux autres. Les Tsatus, une ethnie marginalisée manifestent sérieusement et revendiquent une place au sein du gouvernement. Les étudiants revendiquent leurs droits à leur tour notamment le paiement de leurs bourses. L'université est fermée, les cours sont suspendus, les franchises universitaires sont violées. Bref le pays traverse une crise totale.

" des cars de police, des camions militaires cernaient l'université " p 42

" Ce matin l'université de Bunjalaba a connu de graves turbulences. Les étudiants ont pris d'assaut le bureau du recteur qui a été sauvé in extremis par l'intervention diligente des forces armées " p 49

Les préavis de grèves ne cessaient de s'accumuler, les Tsatus étaient révoltés, ils voulaient renverser les Sutu. La goutte d'eau qui fit déborder le vase était ce fâcheux incident qui s'est produit dans la cité universitaire, faisant des morts.


" Un bilan lourd, dix militaires le visage éclaté par les cailloux, quatre-vingt quinze morts le corps criblé de balles "p 93

Les parents descendirent pleurer leurs enfants à la rue, tout le peuple était révolté contre le gouvernement en place ; il siégèrent devant la présidence sans suite puis commencèrent à frapper, à tout détruire sous l'effet du chagrin, de la colère et d'une haine soudaine.

" …Des mains inconnues et solidaires leur tendirent des pilons, des marteaux, des couteaux. Tous les Tsatus de Bunjalaba, ceux qui avaient subi l'oppression des Sutus pendant ces longues décennies, se souvinrent. Mais la haine tribale, la haine entre frères lorsqu'on s'aperçoit de sa présence il est trop tard "P 95

C'est le début de la guerre civile, la guerre tribale, les Tsatus font la guerre aux Sutus et vice versa. Ils brûlent tout sur leur passage, saccagent tout.
La vie est devenue un enfer, les réfugiés, les survivants, vivent dans des grottes et s'entretuent pour des mies de pain, des gouttelettes d'eau. A coté d'eux se trouve cette fièvre qui les tue constamment, plus fulgurante que le Sida. L'Afrique, le monde entier est décimé par cette maladie dont personne ne trouve le remède.
L'épidémie n'épargna point Edith notre héroïne qui s'éteignit également laissant au monde sa fille Dolorès et une maman gorille qui va se charger de sa survie .

" Le crépuscule de l'homme " est l'histoire de tout un peuple, toute une nation, décimée par la haine, le tribalisme; Flore Hazoumè nous montre en filigrane un conflit ethnique, que l'Afrique a eu à vivre à un moment donné de son histoire. Le Rwanda en est l'exemple mais au lieu de " tutsi " et " hutu " ici il est question de " statu " et " sutu ". En outre, au lieu que ce soit une prédiction, je dirais que c'est une histoire vraie, une histoire vécue, (même si elle affirme n'avoir jamais mis pied au Rwanda) dont il faudrait tenir compte. C'est une mise en garde qu'elle nous fait.
A la prochaine !

 

©RAISSA DAFFIA GB. *

 


 

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