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MASS-MEDIAS



 
Jean-Euloge Gbaguidi

DE LA RESPONSABILITE SOCIALE DES MASS- MEDIAS : AUTOPSIE D'UNE DOCTRINE INSTRUMENTALISEE par Jean-Euloge Gbaguidi*

 

Professeur à l'Université du Bénin, spécialiste des sciences de l'information et de la communication, J-E. Gbaguidi a participé aux 2emes Journées Scientifiques Internationales des Universités Nationales du Bénin. Il est intervenu sur la question de la responsabilité sociale des mass-medias.

 

UNIVERSITE D'ABOMEY CALAVI


FACULTE DES LETTRES, ARTS ET DEPARTEMENT DES SCIENCES DU
SCIENCES HUMAINES LANGAGE ET DE LA COMMUNICATION

2 EME JOURNEES SCIENTIFIQUES INTERNATIONALES DES
UNIVERSITES NATIONALES DU BENIN

CONTRIBUTION

THEME : DE LA RESPONSABILITE SOCIALE DES MASS- MEDIAS : AUTOPSIE D'UNE DOCTRINE INSTRUMENTALISEE

PROPOSE PAR : Jean-Euloge GBAGUIDI, Ph,D
Journaliste-Cheurcheur
Enseignant des sciences de l'information et de la communication
.

 

RESUME


La doctrine de la responsabilité sociale des mass-médias a été pensée et théorisée aux Etats Unis d'Amérique au lendemain de la deuxième guerre
mondiale par suite des constats de grands dérapages observés dans le monde des médias, devenus de puissants moyens aux mains de gens peu professionnels avides de sensations et d'émotions fortes.
Cette doctrine postule entre autre que : " au nom du droit des peuples à l'information vraie et objective, on ne saurait permettre aux hommes des médias de dire des demi vérités, de donner des informations approximatives, même si pour le commun des mortels ceci pourrait être permis".


Pour les théoriciens de cette doctrine, taxée de pseudo libérale, par les libéraux, un homme mal informé, ne peut qu'être un mauvais décideur. En dépit de sa face presque acceptable, elle n'a point fait fortune aux USA et est restée dans les centres universitaires où elle est née. Mais elle trouve une terre fertile en Europe, où de l'avis de F. Balle, elle fut bénie par le Vatican.
Elle trouvera terre encore plus fertile dans les pays du Sud où elle s'accommode bien avec les modes de gestion et les conceptions de l'information. Du coup cette doctrine de la responsabilité sociale épousera les couleurs et les formes du milieu. Elle devient un moyen d'étouffement de la libre expression et de débats ouverts sur les grands enjeux de la société, surtout à l'heure des 'Renouveaux ' démocratiques en Afrique.

 

INTRODUCTION


Depuis la fin de la Conférence Nationale des forces vives de la Nation, conférence assez bien réussie, contrairement à d'autres pays du continent, le Bénin a été souvent cité comme un Laboratoire de la démocratie en Afrique.
Laboratoire, peut-être. Encore qu'il convient de savoir que, et le médicament qui traite le paludisme ou toute autre infection, et le poison qui pourrait nuire à n'importe quelle santé sortent tous d'un Laboratoire.
Le laboratoire n'est donc qu'une structure, d'où peuvent aussi sortir des idées, des produits malsains, dangereux et nocifs pour l'homme, à un groupe d'hommes ou simplement à la société.
Ainsi dans ce Laboratoire, Bénin, en ce moment, se trouve expérimentée une version toute particulière de la doctrine de la responsabilité sociale des médias. Une doctrine née au lendemain de la deuxième guerre mondiale dans des laboratoires américains.
La problématique de cette communication, consiste à une analyse critique de la mise en œuvre de cette doctrine dans le Bénin du renouveau, celle de la responsabilité sociale des médias.

 

A Exposé des faits


1) _Contexte historique et politique


Le Bénin tendait vers la vie du tout premier quinquennat de l'après historique fin de la Conférence Nationale des forces vives de la Nation.
Fin 1995 et début 1996, le recours à certains éléments de la doctrine de la responsabilité sociale était devenu systématique par les hommes politiques, les autorités de contrôle des médias et chez certains hommes des médias, qui à cœur joie se mêlent au jeu.
1996 marquait la fin du premier mandat d'un président démocratiquement élu. En l'occurrence celui de Nicéphore SOGLO. Un mandat caractérisé par un redressement économique certain, mais assombri par des tensions sociales aux allures ethno claniques. Au Bénin, selon certains observateurs couvait une tension qui aurait pu remettre en cause tous les acquis de la Conférence Nationale des forces vives.
Certains partis politiques ne cachaient plus leur volonté de voir partir le président SOGLO, accusé de gestion autocratique et clanique de la chose publique. A l'opposé les appels à l'endroit de l'ancien président, le Général Kérékou se faisaient de plus en plus répétés, précis et bruyants.
C'est dans untel contexte que les éléments de la doctrine de la responsabilité sociale des médias commencèrent par se frayer du chemin dans l'espace politico médiatique du Bénin.

2) _Les canaux utilisés


Les séminaires de formations des hommes des médias
Les conférences publiques des autorités de régulation
Les ateliers de réflexions sur les médias
Les communiqués de presse des partis politiques
Les rencontres avec la presse

3) _ Les faits proprement dits


Alors que démarrait la campagne électorale des présidentielles, les communiqués de la HAAC invitant les hommes des médias à leur responsabilité sociale devenaient presque quotidiens. Mais surtout leur rappelant le prix à payer en cas de délit de crime d'irresponsabilité sociale.
En pleine campagne, alors qu'un candidat osait contester les arguments d'un autre candidat sur un grand projet devenu, un élément central des débats préélectoraux dans une rédaction on intima l'ordre de taire les arguments du contradicteur au nom de la responsabilité sociale des médias
Dans le même ordre, il était interdit de rapporter les propos déclarés par un homme politique en campagne sur un autre. Aussi était-il devenu dangereux de porter un regard critique sur le programme politique ou le projet de société proposé par un candidat.
Un des fait majeurs susceptibles d'être mentionnés ici est l'annulation pure et simple d'un débat télévisé, entre les deux tours, par la HAAC et ce au nom de la responsabilité sociale des médias. Tout le monde s'y est plié sans murmure.
Mais en fait pourquoi une telle docilité, une telle propension des hommes de média être si souvent responsable socialement. Que devrions nous comprendre de l'usage qui est fait de cette doctrine née après les dérapages observés dans les médias européens dans les années 50 du siècle dernier ?

B _ La doctrine de la responsabilité sociale des médias : version béninoise


1)_ La métaphore de la balle de fusil


" Le journaliste est un combattant. Son micro, son bic et ou sa caméra sont une arme. Il faut pour cela savoir que, une fois parti le coup, la balle ne peut plus être rattrapée et retournée dans le canon"
La balle de fusil qui part une fois la gâchette appuyée, tue sa cible, à défaut fait des dégâts collatéraux. Alors, il faut savoir s'il y a lieu de tirer ou ne pas tirer.

2) Explication de la métaphore


" La balle de fusil " .
Dans cette image la balle représente l'information. Et si par définition l'information est vérifiable, est en conformité avec la matérialité des faits, cette métaphore invite ouvertement à faire de la rétention, et ce pour ne point faire mal à qui que ce soit. Il s'agit d'un appel à la retenue, ce que nous pouvons appeler ici de la " censure volontairement imposée à soi " Cette doctrine ''tropicalisée'' et distillée avec acharnement tous les jours dans nos pays peuvent se résumer à la formule lapidaire suivante ''ne rien dire qui puisse fâcher les acteurs de la vie politique ". Alors, une fois ce principe respecté, vous êtes socialement responsable et bon homme de média. A coup de séminaires, d'ateliers, de journées de réflexions, on inculpe cette pensée et assez naturellement, en citant en exemple souvent la Radio des ''mille collines'' et la presse ''patriote'' ivoirienne. Il y a donc une volonté manifeste de faire peser sur les hommes de médias une psychose, une pression psychologique… Et apparemment les résultats obtenus ne sont pas mauvais, puisque jamais vous ne verrez des investigations dans les journaux alors que les affaires politico mafieuses ont envahi tout et tout le monde Les plus audacieux qui osent " l'irresponsabilité sociale " se retrouvent souvent devant les tribunaux, ou tout simplement sont ''passés à tabac'' dans les bureaux de police. Quand il n'est point possible de le faire (avec les journalistes étrangers), on les prie au nom de la responsabilité sociale des médias de quitter le territoire dans les 24 heures, afin d'éviter de mettre à mal la paix si chère et si jalousement préservée.

C _La responsable sociale des médias


1)_Présentation de la doctrine de la responsabilité sociale des médias


En effet cette doctrine de la responsabilité sociale des médias a été formulée en 1956 par trois américains, trois universitaires : F. Siebert, J. Peterson et W. Schramm qui ont voulu révolutionner la pensée libérale en matière d'information. Et pour cause.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale l'explosion des médias est sans précédent. L'importance de l'information, comme moyen d'action sur les comportements s'est accrue. Cette situation a favorisé la soumission des médias aux pouvoirs d'argent, avec pour conséquence le passage en première place de la publicité dans les journaux et sur les ondes.
La télévision naissante et la radio rayonnante se donnaient à cœur -joie à la diffusion des scènes de violences et de sexes. En somme, toutes les conditions étaient réunies pour une dévalorisation du travail des médias. Ils sont critiqués et contestés par les populations pour leur bassesse et leur vulgarité. Ce nouveau contexte des médias et les nouveaux problèmes soulevés, par les populations vont trouver leur expression en 1947 dans le rapport de la commission Hutchins, commission diligentée par les Etats européens en vue d'étudier le malaise ressenti par les usagers des médias, afin de proposer des pistes de solutions. Le travail de la commission, revenait de ce fait évaluation critique la doctrine libérale de l'information, telle que comprise et mise en œuvre jusque-là.
Le rapport présenté par ladite commission sur la liberté mentionnait clairement ce qui suit :
" Il y a contradiction entre l'idée traditionnelle de la liberté de la presse et sa nécessaire contrepartie de responsabilité.
La responsabilité, comme le respect des lois n'est pas en soi une entrave à la liberté, bien au contraire, elle peut être l'authentique expression d'une liberté positive. Mais elle s'oppose à la liberté d'indifférence (…). Il est trop fréquent aujourd'hui que la prétendue liberté de la presse soit seulement une forme de l'irresponsabilité sociale. La presse doit savoir que ses erreurs et ses passions ont cessé d'appartenir au domaine privé pour devenir des dangers publics. Si elle se trompe, c'est l'opinion qu'elle trompe. Il n'est plus possible de lui accorder, comme à chacun, le droit à l'erreur ou même celui de m'avoir qu'à demi raison. Nous nous trouvons ici en face d'un véritable dilemme : la presse doit rester une activité libre et privée, donc humaine et faillible ; et pourtant elle n'a plus le droit à l'erreur. Car elle remplit un service public (…) " 58
Ce rapport demeure la principale source d'inspiration des trois chercheurs américains et justifie leur nouvelle philosophie qui tend à soumettre l'action des médias à l'intérêt public c'est-à-dire de la société prise comme un contre-pouvoir.


2)_ Analyse de la doctrine originelle


Cet extrait du rapport de la commission sus cité est ce qu'il faut retenir comme essentiel de la doctrine de la responsabilité sociale des médias. S'il apparaît très clairement, que pour la première fois, une pensée vient comme un contre poids à la doctrine libérale du XVIII siècle, il n'en demeure pas moins vrai qu'elle garantit une pleine liberté de presse, à condition que l'information soit juste et objective afin de satisfaire le droit du peuple à l'information. Et surtout son droit de participer et d'agir en toute connaissance de cause sur la base d'informations crédibles
Nous pensons en ce qui nous concerne qu'il ne s'agit là que d'un retour, à l'ordre normal des choses. Car les notions élémentaires enseignées aux hommes des médias sont : l'objectivité, la vérité, l'impartialité, l'équité. Alors si à un moment donné, la doctrine libérale classique à conduit à des dérives (soumission de l'information au pouvoir financier, la primauté de la publicité sur l'information d'importance sociale, seule capable de transformer le cours des choses et le destin des homme), la doctrine de la responsabilité sociale est venue rappeler et ramener à l'orthodoxie des règles du métier : conscience professionnelle, ethnique et déontologie (servir la vérité et rien que la vérité pour le bien-être de la société.

D _Entre doctrine libérale de l'information et doctrine léniniste


Ce qui entretient le fossé entre le Nord et le Sud, n'est pas que d'ordre matériel (Technique et humain). Il est aussi d'ordre idéologique, idéologie prise dans le sens à elle donné par Morin E. qui écrit: " C'est un système d'idées fait pour contrôler, accueillir, refuser l'information. Si l'idéologie est théorie, elle est dans son principe ouverte à l'information non conforme, qui peut la mettre en question. Si elle est doctrine, elle est dans son principe close à toute information non conforme. L'idéologie politique est beaucoup plus doctrine que théorie"
.
1) _Doctrine libérale de l'information


Depuis John Milton, avec son pamphlet publié en 1644, "Areopagitica", véritable plaidoyer en faveur de la liberté d'expression, l'Europe et l'Amérique ont choisi de construire des sociétés dites de libertés de parole. Une volonté défendue et affirmée par les constituants américains en 1776 dans leur "Virginia's Bill of right" et les révolutionnaires français en 1789, dans la "Déclaration des droits de l'homme du citoyen". Convaincue que la vérité n'est l'apanage de personne, ni sur terre ni dans les cieux, l'occident fait de la concurrence des idées et des opinions le seul moyen d'éclosion de toute vérité. C'est ce que Balle F. exprime lorsqu'il écrit:
" Le pluralisme de l'information, la pluralité et la variété des sources et des organes d'information, constitue la seule arme des sociétés contre la propagande, la monopolisation de la parole, l'idéocratie. Il constitue le moyen ultime au service de la vérité. "
Tels furent, et demeurent, les fondements de la doctrine libérale de l'information. Une doctrine élaborée le long de plusieurs siècles de luttes philosophiques, politiques, éthiques, et intellectuelles. Une doctrine profondément marquée par le siècle des Lumières. Une doctrine qui par conséquent prône la libre circulation de l'information, ce que les anglo-saxons appellent "free flow of information". Cette doctrine aurait être la nôtre depuis la conférence nationale des forces vives. Mais force est de reconnaître que notre pas comme d'ailleurs beaucoup d'autres, balancent entre doctrine libérale et doctrine léniniste de l'information. Une doctrine prolétarienne, dont le père fut Lénine, idéologue et acteur de la révolution socialiste d'octobre 1917, en Russie tsariste.


2 _Doctrine léniniste.


C'est le moment de dire que les pays francophones d'Afrique des années soixante-dix et quatre-vingt, ont posé et certainement, vont poser encore d'énormes problèmes aux politologues et autres chercheurs curieux de comprendre la logique interne à ces sociétés. En effet, qu'est- ce- qui fait le point commun entre le Togo, la Côte d'Ivoire, le Burkina, le Niger, le Mali, le Congo et le Bénin sur la plan de la gestion de l'information , malgré les différents choix idéologiques ? C'était la "prolétarisation du pouvoir et des processus de l'information et de la communication", et ce en dépit des choix idéologiques de développement faits par les uns et les autres. Le Bénin, ouvertement marxisant et le Togo ouvertement capitaliste, avaient ceci de commun que ces deux Etats ont été "phagocytés" par les partis uniques, et ce, au nom de la construction nationale et de la cohésion sociale: " Les partis uniques furent considérés comme le passage obligé vers le développement économique. Il s'agissait de rassembler toutes les forces vives de la nation derrière le chef de l'état afin de donner davantage de chances de succès au décollage économique. C'était là des formulations tout à fait codifiées que l'on entendait du Nord au sud du continent. Le pluralisme dans la vie économique et politique, le multipartisme étaient considérés comme des rémanences de l'aliénation due à la période coloniale. Il fallait donc à tout prix les faire disparaître pour laisser le champ libre aux forces du progrès. Toute tentative de défendre une autre conception de la démocratie était taxée d'occidentaliste réactionnaire".


Dans cette même logique, en matière d'information, c'est le principe de l'unicité de la source qui a prédominé et ce dans le but d'assurer le règne d'une pensée unique. Ce principe d'unicité sera assuré par une étatisation des moyens et un contrôle idéologique du contenu. Et, une fois étatisés et contrôlés, les moyens d'information se verront assigner des missions de propagande, d'éducation de la masse, d'agitation et d'organisation du peuple. La très célèbre formule de Lénine est assez éloquente sur les missions des médias: " Le journal n'est pas seulement un propagandiste et un agitateur collectif, mais aussi un organisateur collectif " .


Les médias ont servi la politique, disons même, la politique d'une seule personne et continuent de la servir. Les radios africaines ont chanté "indépendance tchatcha" et ont fait danser la rumba aux africains. Aujourd'hui, les télévisions se sont transformées en de géants miroirs mobiles enchantés et enchanteurs pour nos hommes politiques avides de popularité et de légitimité. Du narcissisme déconcertant. De la personnalisation du processus de la communication. De la domestication de l'information. De l'instrumentalisation des hommes de média. Politisation de la gestion des choses et des hommes. Telles sont les principales caractéristiques du processus de communication dans nos pays du sud. Démonopolisation et libéralisation de l'espace médiatique ne doivent pas nous tromper sur la véritable nature des processus de l'information chez nous. Beaucoup de choses ont changé dans la forme. Mais le fond demeure, et peut-être dans sa variante la plus repoussante. Le pouvoir de l'argent ayant remplacé le pouvoir politique, à qui il est redevable.
Ce faisant, les pratiques africaines en matière de communication et d'information semblent nous éloigner de toutes les logiques développées au début du vingtième siècle par certains chercheurs, au sujet du rôle des médias dans les sociétés. Rôle ainsi défini par Lasswell:
"La surveillance de l'environnement. La mise en relation des parties de la société. La transmission de l'héritage social d'une génération à une autre."
La fonction "surveillance", correspond selon ce chercheur à la collecte, au traitement et à la mise à disposition du public les nouvelles. La mise en relation, comme fonction est l'étape de l'interprétation de l'information, interprétation souvent suivie de prescriptions de conduites.
Enfin, par fonction de transmission d'héritage social, Lasswell entendait l'assimilation des gens vivant dans une société, ce que Wright appelle plutôt " processus de socialisation " . Près d'un demi-siècle après Lasswell, ce n'est pas Moles A. qui démentirait cette opinion lorsqu'il écrit que les médias :
" Constituent le système qui systématise la culture"
Il est vrai que les contextes ayant changé les références à Lénine ou à Karl Marx ne sont plus affichées. Les mots ont changé mais l'esprit demeure. Du moins l'esprit s'est réincarné dans une autre ''trouvaille'' théorique, fondamentalement occidentale, donc fréquentable, mais interprétée selon la vision des experts ''tropicaux'', flanqués quelques fois de leurs homologues d'outre Atlantique. Ainsi de la doctrine marxiste-léniniste de l'information, nous en sommes aujourd'hui à la doctrine de la " Responsabilité sociale des médias ".



CONCLUSION


Cette doctrine ''tropicalisée'' et distillée avec acharnement tous les jours dans nos pays peuvent se résumer à la formule lapidaire suivante ''ne rien dire qui puisse fâcher les acteurs de la vie politique ". Alors, une fois ce principe respecté, vous êtes socialement responsable et bon homme de média. A coup de séminaires, d'ateliers, de journées de réflexions, on inculpe cette pensée et assez naturellement, en citant en exemple souvent la Radio des ''mille collines'' et la presse ''patriote'' ivoirienne. Il y a donc une volonté manifeste de faire peser sur les hommes de médias une psychose, une pression psychologique… Et apparemment les résultats obtenus ne sont pas mauvais, puisque jamais vous ne verrez des investigations dans les journaux alors que les affaires politico mafieuses ont envahi tout et tout le monde.
L'application de la doctrine de la responsabilité sociale des médias, en Afrique en général, et au Bénin en particulier est une dérive scientifique et intellectuelle, consciente ou non qu'il faut relever, assez tôt. Et corriger évidemment.
Pour ce faire on devra s'atteler à la formation des hommes de médias, afin d'élever leur compétence. On devra aussi créer un pont entre les hommes de médias et les centres universitaires afin de favoriser des échanges scientifiques.

 

LECTURES RECOMMANDEES
MATTELART A. Histoire des théories de la communication. Paris : Découverte, p.21
LAZAR J. Sociologie de la communication, Paris,
BALLE F. Médias et sociétés, Paris Montchrestien
HOUNKPONOU M. L'Afrique au passé recomposé. Paris ; L'Harmattan,
LENINE sur la PRESSE. Progrès, Moscou
MORIN E. Pour sortir du XX ème siècle. Paris : Fernand Nathan,

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Ecrire à J.E. Gbaguidi


* Jean-Euloge A. GBAguidi, M.A, Ph.D
Journaliste-chercheur
Professeur-Assistant
Département des Sciences de langage et de la Communication. .FLASH / UAC
03BP. 4194 COTONOU
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(229) 45 62 60
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