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L' INFORMATION DANS L' ESPACE CEDEAO

par ETEKA Coutchika Cyrille*

L' INFORMATION DANS L' ESPACE CEDEAO: II

(suite et fin)

Début de l'article


LES AVANTAGES POUR LA CEDEAO


SUR LE PLAN TECHNIQUE

Concernant la TNT, le dégagement de quatre canaux "tabous" ou multiplex sur chacun des sites de diffusion en analogique au niveau de chaque pays membre de la Cédéao permettrait à court terme de diffuser simultanément et en temps réel quinze (15) programmes TV numériques. Trois canaux seront destinés pour les quatorze(14) programmes numérique venant des 14 autres pays en plus de celui du pays hôte à raison de 5 par canal. Le dernier multiplex sera réservé à l'Internet et éventuellement au décrochage local ou régional. Les chaînes continueront simultanément à diffuser leurs programmes actuels. En attendant d'inclure les opérateurs privés de télédiffusion et de radiodiffusion, la priorité sera accordée aux organes de service public. A long terme, on pourrait en exploiter jusqu'à trente-six programmes (36) TNT et des services Internet par site pour le bonheur de ces promoteurs privés. Le choix du réseau multifréquence serait plus réaliste par rapport au réseau monofréquence dont le déploiement est très complexe et coûteux bien qu'il possède plus d'avantages que le premier en matière de gain en fréquence. Les actuelles installations d'émission peuvent être facilement utilisées après de légers réamenagements. Les populations des zones rurales et des citadins ne disposant pas de réseau électrique peuvent également avoir accès aux autoroutes de l'information par des récepteurs numériques portables. Cela augmenterait très sensiblement la télédensité au sein de la Cédéao avec éventuellement pour conséquence le recul de l'analphabétisme, de l'exode rural, de la misère et de la pauvreté. Ainsi, l'habitant d'Enugu, de Seguedine, de Kouarfa, de Kara, de Kumassi, de Koudougou, de Bouaké, de Buchanan, de Bo, de Kankan, de Tombouctou, de Banjul, de Praia, de Bissau et de Tambacounda pourrait dès l'achat d'un décodeur TNT recevoir simultanément et en temps réel autant de programmes numériques TV et des pages " web " sur son téléviseur standard (domestique) via son antenne conventionnelle.

La Cédéao doit trouver une formule pour faciliter l'acquisition du décodeur TNT à prix dérisoire, une formule de subvention par exemple. Tout ceci ne sera possible qu'à condition que l'on associe à la TNT deux supports. Deux schémas techniques se dégagent. Le premier consiste à combiner le satellite et la TNT. Là encore, il va falloir que les quinze (15) pays choisissent un et un seul satellite pour desservir les centres d'émission ou les relais TNT. La seconde possibilité est l'utilisation du câble sous-marin qui desservira également les pays de l'interland pour l'acheminement des signaux TNT. Ainsi, une plate- forme technique commune au 15 pays de la Cédéao sur la TNT peut être décidée. L'objectif serait de permettre de recevoir tous les services numériques d'origine communautaire. L'adoption d'un tel plan permettrait l'accès gratuit, simultané et en temps réel ou en différé aux différentes chaînes publiques de l'espace Cédéao et de plus aux services de l'Internet (réception de l'Internet) si tant est que l'intégration sur tous les plans constitue une préoccupation majeure de nos décideurs politiques.

Quant au DRM, les investissements en équipements de diffusion pour la couverture radiophonique de chaque pays et pour l'ensemble de la Cédéao seront très bénéfiques et à long terme contrairement à la FM qui n'a favorisé que le renforcement de la balkanisation de la sous-région. Il en sera de même pour les poste-récepteurs radio fixes, portables ou mobiles. En tant que membre actif du consortium DRM -devenu par la suite une norme de diffusion- le Nigéria, pilier de la Cédéao, pourrait faciliter sa vulgarisation.

SUR LE PLAN POLITIQUE

L'intégration qui peine à décoller à cause des pesanteurs politiques et socio-économiques, aura plus d'échos au sein des populations qui n'y comprennent actuellement rien. Le suivi des programmes des différentes chaînes est une arme très puissante de prévention, de dissuasion ou de règlement des conflits qui ne cessent de saper l'épanouissement des peuples ouest-africains. La sécurité et la défense y gagneraient. La démocratisation s'accélèrera en créant un nouveau type de décideurs politiques et de citoyens à toutes les échelles de la société qui guideront la manœuvre et entraîneront toutes les couches sociales, vers de nouveaux horizons plus radieux dans un élan communautaire.

SUR LE PLAN ECONOMIQUE

La TNT et le DRM impulseront sur le plan du développement économique un nouveau dynamisme par la circulation, libre et rapide de l'information dans la sous-région, la création d'un vaste espace de production de biens et de services. Seule condition pour la Cédéao de répondre aux exigences de bonheur des peuples et de la mondialisation de l'économie.

SUR LE PLAN CULTUREL

Dans le domaine de la culture et de la recherche scientifique, les échanges entre les peuples de la Cédéao seront plus directs et plus rapides sans intermédiaire des médias occidentaux plus intéressés à diffuser ce qui les arrange.

Au regard de tout ce qui précède, il va falloir que la Cédéao mette sur pied dans un délai raisonnable un groupe de travail pour proposer des scénarios en matière de planification de fréquences radioélectriques permettant, non seulement à terme l'arrêt de l'analogique, mais aussi la création d'une Agence de gestion des fréquences au niveau de la sous-région.
C'est seulement et seulement à ce prix que la fin de la fracture numérique au niveau de chaque pays, au niveau de la Cédéao et puis entre le Nord et le Sud deviendra une réalité tangible. Nul n'ignore que les Technocrates et Techniciens sans vision, cupides et surtout partisans du moindre effort et de l'anachronisme pourraient rétorquer que les ressources en fréquence de télédiffusion ou/et de radiodiffusion hertzienne terrestre dont disposent les pays de la Cédéao sont tellement suffisantes et sous-exploitées. Et que par conséquent, qu' il ne serait pas souhaitable que nos Etats déjà surendettés se lancent dans des investissements ruinants et non prioritaires par rapport au problème de santé et d'éducation de nos populations respectives. C'est possible ! L'urgence recommande la promptitude parce que demain serait déjà peut-être trop tard.

Cotonou, le 1er Mai 2003

ETEKA Coutchika Cyrille.
Ingénieur de conception en Télécommunication
Spécialiste en Radio et Télévision
en service à la Haute Autorité de l'Audiovisuel
et de la Communication (HAAC-BENIN)
Envoyer un E-mail à l'auteur :ceteka2002@yahoo.fr


©ETEKA Coutchika Cyrille


 

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